

Chapiteau de colonne tardif-classique provenant de Delphes, taillé dans le marbre pentélique. La colonne, dédiée par les Athéniens à Apollon vers 330–320 av. J.-C., se terminait par une couronne d’acanthes sur laquelle se dressent trois korai, surnommées les « Danseuses de Delphes », disposées en ronde autour du fût. Les jeunes femmes, vêtues de courts chitoniskoi, lèvent les bras pour soutenir un trépied de bronze colossal et l’omphalos qui marquait Delphes comme le nombril du monde grec. Elles portent sur la tête des paniers (kalathoi) qui assurent la transition entre leurs corps et la superstructure aujourd’hui disparue. Ce fragment correspond à la partie supérieure (chapiteau et figures) d’une colonne votive élevée sur la terrasse du temple d’Apollon, au cœur du sanctuaire panhellénique de Delphes.
Ce chapiteau s’inscrit dans la tradition des offrandes monumentales dédiées à Apollon dans le sanctuaire de Delphes à l’époque classique tardive. Les Athéniens y dressèrent une colonne ornée de feuillages d’acanthe surmontée de korai, combinant vocabulaire architectural, sculpture et symbolique religieuse. Les trois jeunes filles sont généralement interprétées comme les filles mythiques du roi athénien Cécrops, établissant un lien direct entre Delphes et l’identité civique d’Athènes. Par leurs gestes, elles soutenaient le trépied oraculaire et l’omphalos, point focal qui faisait de Delphes le centre symbolique (le « nombril ») du monde grec. L’ensemble illustre le dialogue entre mythe, culte d’Apollon et prestige des cités grecques qui rivalisent d’offrandes spectaculaires dans le sanctuaire delphique.