

Caryatide en marbre pentélique provenant du porche sud de l'Érechthéion, l'un des édifices les plus raffinés de l'Acropole d'Athènes. Elle fait partie d'un groupe de six figures féminines soutenant l'architrave du portique. La jeune femme porte un péplos fixé sur chaque épaule. Sa chevelure est soigneusement tressée et retombe en une épaisse corde dans son dos. Le poids de la structure est reporté sur la jambe droite, droite et enveloppée de plis verticaux, tandis que la jambe gauche, légèrement fléchie, laisse apparaître le drapé qui épouse le corps. La tête est surmontée d'un chapiteau mouluré (perles et pirouettes, oves), supportant à l'origine un abacus aujourd'hui en partie perdu. Les mains disparues devaient probablement tenir un vase ou un élément lié au rituel sacrificiel, renforçant le lien entre l'architecture sacrée et la fonction cultuelle de l'Érechthéion.
Datée de la période classique (vers 421-406 av. J.-C.), cette caryatide appartient au décor sculpté de l'Érechthéion, temple ionique complexe dédié à Athéna et à plusieurs divinités héroïques sur l'Acropole d'Athènes. Les caryatides, figures féminines remplaçant des colonnes, témoignent du haut degré de maîtrise technique et esthétique atteint par les sculpteurs athéniens à la fin du Ve siècle av. J.-C. Leur posture contrapposto, la finesse du drapé et l'intégration harmonieuse de la figure humaine à la structure architecturale expriment les idéaux de beauté, d'équilibre et de piété de la cité classique. L'exemplaire conservé au British Museum s'inscrit dans l'histoire mouvementée du démantèlement et de la dispersion des marbres de l'Acropole au début du XIXe siècle, lorsque Thomas Bruce, 7e comte d'Elgin, fit transférer une partie des sculptures à Londres.